Les îles du sud-ouest de l’océan Indien sont particulièrement vulnérables aux chocs socio-économiques, environnementaux, géopolitiques, ou encore institutionnels. Bien qu’ayant des réalités différentes, ces territoires partagent un ensemble de contraintes inhérentes à leur insularité : petite taille des marchés, forte dépendance aux importations, faible diversification, coûts logistiques élevés, etc.
Aux facteurs économiques s’ajoutent des vulnérabilités environnementales, puisque les îles figurent parmi les régions les plus exposées aux effets du changement climatique : intensification des cyclones, inondations, sècheresses prolongées, érosion côtière… Ces phénomènes menacent directement les écosystèmes marins et terrestres et, par ricochet, les secteurs économiques (pêche, tourisme, agriculture…) qui en dépendent.
Les vulnérabilités institutionnelles jouent également un rôle déterminant. La faiblesse des capacités administratives, les difficultés de planification, les limites de la gouvernance territoriale, l’insuffisance de données fiables et l’instabilité politique dans certains pays réduisent la capacité des États à anticiper, absorber et gérer les crises.
Ces caractéristiques limitent leur capacité à absorber les chocs globaux et à maintenir des trajectoires de développement stables.
Cette étude s’inscrit dans un contexte où les chocs récents ont souligné l’ampleur des vulnérabilités auxquelles sont confrontées les îles du sud-ouest de l’océan Indien. Cette région, qui constitue un espace stratégique pour la circulation maritime mondiale, se caractérise pourtant par des économies de petite taille, peu diversifiées et fortement dépendantes des importations, de l’énergie aux denrées alimentaires en passant par de nombreux intrants productifs. Les perturbations successives liées à la pandémie de Covid-19, aux ruptures des chaînes logistiques internationales et aux conflits géopolitiques récents ont mis en lumière l’étroite dépendance de ces territoires aux dynamiques mondiales et la fragilité de leurs modèles économiques actuels.
L’étude entend ainsi offrir une lecture claire et opérationnelle des vulnérabilités économiques qui entravent la capacité de ces territoires à absorber les chocs, à maintenir leur trajectoire de développement et à engager une transformation durable. Elle vise à éclairer les choix stratégiques des acteurs économiques privés de la région en établissant un diagnostic précis des vulnérabilités économiques des territoires et en identifiant les secteurs et leviers capables de soutenir une relance plus inclusive, durable et résiliente. Elle permettra de mieux comprendre les fragilités existantes, d’en saisir les déterminants et d’identifier les pistes d’action concrètes qui permettront aux économies insulaires de réduire leur exposition aux chocs, de renforcer leurs capacités d’adaptation et de tirer parti des opportunités offertes par les transitions économiques et environnementales en cours.
L’étude s’appuiera sur une méthodologie rigoureuse, articulée autour d’une compréhension fine des vulnérabilités multidimensionnelles de la région et d’une lecture opérationnelle des secteurs clés susceptibles de soutenir une relance durable. Elle doit proposer une construction progressive, argumentée et contextualisée, permettant d’identifier clairement les fragilités des économies du sud-ouest de l’océan Indien et les leviers réalistes pour les réduire.